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Titre du blog : Saroulette roule sa bosse...
Auteur : Sarita
Date de création : 08-10-2010
 
posté le 27-11-2011 à 22:39:36

Je ne suis pas rentrée le 11.11.11...

En arrivant à Quito le 10.10.10, je me disais que ce serait rigolo de repartir le 11.11.11... C'est officiel, ce ne fut pas le cas. Peut-être le 12.12.12, qui sait? Mais pour l'instant ça me parait quand même encore loin... Encore dur pour moi de voir à long terme dans cette aventure, le futur reste flou... et les dates représentent-elles plus que des symboles? 

Il faut croire que je m’installe chaque jour un peu plus. Ça y est j’ai ma routine à Cusco… Et je m’installe plus encore puisque j’ai trouvé MON endroit, une nouvelle « maison ». Un studio aménagé sur une terrasse, 4ème étage, vue magnifique sur Cusco. Je me sens encore plus chez moi, cet endroit me correspond. Chaque matin est alors un nouvel émerveillement, redécouvrir chaque jour cette ville, me réveiller avec elle.

 

 

 

 

Envie d'écrire sur Cusco, sur les gens que j'y connais, les regards que je croise chaque jour. Et envie de partager quelques photos qui évoquent bien mon quotidien, ma vie cusquègne.

 

 

 

 

Fête anniversaire d'Anta, la petite ville de campagne où je travaille. Défiler en "mestiza" m'émeut et me rapproche de ce monde qui me passionne, les Andes. 

 

 

 

 

Etre complètement avec elles, au milieu de cette foule nattée, colorée, tissée. Me sentir heureuse... et grande! et blonde! Mais totalement acceptée.

La force vivante du Pérou est dans ses femmes. Fortes, droites, drôles, courageuses, protectrices, pétillantes, malicieuses, rieuses, belles tout simplement. Et avant tout, elles sont secrètes et réservées.

Et voir cette procession, ces femmes physiquement liées les unes aux autres par ce contact, la main sur l'épaule de celle de devant, ces signes d'évidente proximité... je me suis sentie profondément émue. Touchée par ce partage, simple, discret, mais si profond. Le rire d'une foule, c'est magnifique. Dans ces heures d'attente pour défiler devant le maire, debout écrasées par la foule, il y a cette bonne humeur générale, ces regards complices, précieux.

 

 

  

 

 Etre à contre-courant dans la foule. Terrifiant ou amusant ? 

 

 

 

Apprendre à aimer la foule et ses courants, me laisser porter par ses va-et-vient, par ses élans, ses sursauts.

 

 

  

Devenir plus humaine... Ou du moins me sentir plus humaine. Je me protégeais beaucoup, je gardais tout à l’intérieur, je ne savais pas comment aimer les gens, je détestais le monde entier et moi avec. J'apprends à aimer les gens, voir ce qui est beau, les qualités, les forces et ne pas me laisser aveugler par les défauts. Je suis plus humaine et donc en laissant petit à petit tomber les murailles, je deviens plus vulnérable, et ça c'est difficile à apprivoiser. Laisser la carapace et prendre des coups. Avoir mal parfois. Mais tellement plus sain que cette souffrance gardée, enfouie, rigide qui m'a habitée si longtemps. Il y a les moments difficiles mais il y a aussi les moments légers que je découvre, si délicieux. Etre heureux de peu. Oui, il en faut peu pour être heureux! comme dirait Baloo, ce philosophe du Livre de la Jungle... Etre attentive et réceptive à tous ces petits moments de bonheurs quotidiens, parfois surprentants de légèreté et de facilité, qui rendent la vie savoureuse...

 

 

 

 

 

 

Comme par exemple un pique-nique sensationnel entre amis, en couleurs et en saveurs. Dans la campagne de Cusco, 1h30 de marche du centre à peine, et sortir d'un monde, d'un quotidien, et voyager... Se resourcer. Passer dans un autre monde tout en sentant Cusco, toujours, cette présence au loin, puissante.

Et rire... RIRE ! Un bonheur, vrai, simple, nourrissant, gratuit. Sur terre. Si léger. Sentir la légèreté de l'être, furtive, partagée,  si vraie.

Alors un seul mot : merci! 

 

 

 

 

  

  

Puis retour glissant sous une pluie battante, sous les grêlons, dans la boue et le froid. Mais continuer de rire, et d'être surpris... Retrouver Cusco dans un rayon de soleil perçant à travers la pluie. Le trouver plus beau que jamais, l'aimer... Savoir pourquoi je suis là. Ou plutôt ne pas savoir vraiment, mais savoir que je ne pourrais pas être ailleurs...

 

 

Et puis au milieu de tous ces cadeaux de la vie, il y a ses petites mauvaises surprises. Des fois la vi(ll)e te rappelle sa réalité. Prudence…

En même temps que je me relache, que j'apprends à avoir confiance en la vie, elle me rappelle qu'il faut quand même toujours rester sur ses gardes, vigilant. Mon dernier vol (dernier en date, mais sûrement pas le dernier, hehe faut être réaliste...) me surprend et me déstabilise, m'impressionne, tant je ne l'ai pas vu venir, presque il me fait rire. Même en faisant attention tout le temps et partout, ça continue d'arriver, je tombe quand même dans un panneau plus grand que moi, j'y fonce tête baisser. Voici l'histoire d'un vol banal, quotidien, un dimanche midi à Cusco. Ou comment je me suis retrouvée sans téléphone pour la deuxième fois...

 

 

Me remettre à dessiner grâce à ce vol, et me rendre compte que je n'en veux pas au pays et au mond entier comme ça me l'avait fait les premières fois. Savoir que c'est juste quelque chose qui arrive. Ne pas me sentir visée, être juste une victime, et ça, ce n'est pas rien. Laisser couler... Avoir changé.

 

 

 

Quel sang coule dans mes veines? Est-il possible qu'un jour, une vie (d'autres jours ou d'autres vies), j'ai été d'ici? Des Andes... L'appartenance coule-t-elle dans notre sang, habite-t-elle notre corps, imprègne-t-elle notre mémoire, dépend-elle de notre culture?  

   
 

Commentaires

sarita le 16-01-2012 à 00:58:23
hehe, comme un poisson dans l'eau!
aurore le 16-01-2012 à 00:47:29
tu es bien intégrée chez les indiens à ce que je vois..super !